Wildproject
en 10 questions
1. QU'EST-CE QUE WILDPROJECT?
Wildproject est un éditeur multimedia (Internet et librairie), lancé en septembre 2008, qui veut diffuser et développer la pensée écologiste.
Les deux espaces de Wildproject sont :
- SUR INTERNET : La revue en ligne, www.wildproject.fr, qui fait un travail de défrichage, de rencontre, d’animation autour des visages et des idées de l’écologie contemporaine.
- EN LIBRAIRIE : La collection « Domaine sauvage », rassemblant les ouvrages de référence de la pensée écologiste (premiers titres en librairie en mai 2009).
Deux espaces, deux rythmes :
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LA REVUE EN LIGNE pour se familiariser au quotidien avec les thèmes et les noms de ce nouveau courant de pensée (rendez-vous mensuel).
- LES LIVRES pour découvrir les grands textes, traduits en général de l’anglais, qui ont construit l’écologie (4 titres par an).
Voir les interventions publiques de Wildproject depuis son lancement en septembre 2008.
2. QU'EST-CE QUE LA PENSEE ECOLOGISTE?
La pensée écologiste est un mouvement philosophique né au début des années 1970 et dont les principaux courants sont l’éthique environnementale et l’écologie profonde (deep ecology).
En proposant d’accorder une valeur à la nature en elle-même – c’est-à-dire en dehors de nos représentations et de nos usages –, la philosophie de l’écologie marque une rupture significative dans l’histoire occidentale de la philosophie. En remettant en cause à la fois la morale humaniste classique, et le monopole du discours scientifique sur la nature, la pensée écologiste ouvre la voie à une véritable renaissance culturelle.
3. A QUOI SERT LA PHILOSOPHIE DE L'ECOLOGIE?
D’un certain point de vue, la « crise environnementale » est l’aboutissement réussi d’un projet de société qui consistait à dominer la nature, et à s’émanciper autant que possible de toutes les « contraintes » naturelles. La crise environnementale est, selon le philosophe américain John Baird Callicott, « la réfutation par la nature elle-même de certaines de nos pratiques et habitudes culturelles. »
Si l’on peut donc répondre à la crise environnementale à court terme par l’élaboration de nouveaux outils techniques, on peut aussi y répondre, à long terme, en travaillant à la racine sur les catégories fondamentales qui président à notre projet de civilisation.
Le développement de la pensée écologiste est par exemple une condition importante de l’émergence d’une authentique éducation environnementale, pluridisciplinaire et intégrée.
4. A QUEL POINT CETTE PHILOSOPHIE EST-ELLE DEVELOPPEE?
Pour ne parler que de l’éthique environnementale, qui a connu le plus grand développement académique, la revue universitaire Environmental Ethics a publié environ 600 articles depuis sa création en 1979.
Pourtant, malgré son succès et ses trente ans d’âge, ce mouvement en est encore à ses débuts, parce qu’il est resté confiné à l’intérieur de trois limites. D’abord parce qu’il est encore une réalité quasi exclusivement anglo-saxonne ; ensuite parce que même au sein du monde académique américain, où il a connu le développement le plus spectaculaire, il occupe une position très marginale ; et enfin parce qu’il n’a pas su aller vers le public non spécialisé, qui continue d’y voir un mouvement « suspect ».
D’un point de vue philosophique enfin, on se trouve devant un mouvement profondément cohérent, mais encore au seuil de son élaboration.
5. POURQUOI L'INSTITUTION GARDE-T-ELLE SES DISTANCES
AVEC CETTE PENSEE NOUVELLE?
En France, les idées de l’éthique environnementale ont essentiellement suscité dans les milieux intellectuels indifférence et rejet. Mais même au sein du monde académique américain, l’éthique environnementale continue, malgré son succès, d’être maintenue à la marge et, de l’avis de l’un de ses chefs de file, John Baird Callicott, d’être « traitée comme une discipline pariah ». L’organisation moderne du savoir est, à l’image de notre culture en général, fondamentalement anthropocentrique. La pensée écologiste plaide pour un décentrement de notre vision du monde et de nos valeurs vers un point de vue « écocentrique ».
Le positionnement intellectuel de la pensée écologiste est peut-être trop radicalement neuf pour pouvoir être intégré dans notre vieille « maison du savoir ». De même, le contenu de la pensée de Descartes était strictement incompréhensible et surtout inassimilable par la Sorbonne du 17e siècle.
6. COMMENT S'ARTICULENT PENSEE ECOLOGISTE,
ECOLOGIE MILITANTE ET ECOLOGIE SCIENTIFIQUE?
L’écologie est un mouvement culturel complexe et profond, constitué de nombreux affluents, qui traverse l’ensemble du 20e siècle.
Ce mouvement unique en son genre tient à la fois de la science, du militantisme, de la politique et de la philosophie.
Les premières formulations philosophiques de l’écologie sont apparues au début des années 1960, dans le prolongement de l’écologie militante, elle-même née au début des années 1960 dans le sillage de l’ouvrage de Rachel Carson, Printemps silencieux – et qui est lui-même le résultat du développement de l’écologie scientifique.
La formulation philosophique de l’écologie, qui est la plus tardive, mais aussi la plus aboutie, permet d’avoir une vue complète sur ce mouvement culturel unique en son genre qu’est l’écologie.
7. EN QUOI L'ECOLOGIE EST-ELLE UN ENJEU CULTUREL?
Alors même que l’enjeu environnemental bénéficie depuis le Sommet de la Terre (Rio, 1992) d’une énorme visibilité médiatique, l’écologie s’est très peu développée dans les mondes intellectuels et culturels. Les sciences humaines en particulier, sans doute soucieuses de garder leurs distances avec un mouvement qui semblait ancré dans les sciences, se sont extraordinairement peu intéressées à l’écologie. Nous continuons ainsi de produire et de transmettre des contenus culturels qui ne tiennent pas compte des bouleversements posés par l'écologie dans la maison du savoir.
Pour Wildproject, l’écologie est avant tout un enjeu culturel. Indissociablement théorique et pratique, l’écologie est un mouvement profond, déjà ancien, qui constitue un bouleversement de nos valeurs et une révolution de nos savoirs. En relayant les voix de ceux qui tâchent de penser par-delà la distinction entre nature et culture, Wildproject veut contribuer à esquisser le nouvel ordre écologique du savoir.
8. POURQUOI WILD? POURQUOI PARLER ANGLAIS?
Wild, c’est-à-dire sauvage : pour affirmer une écologie ouverte, indépendante, insoumise.
Wild, pour se positionner clairement contre une écologie nostalgique, technicienne, ou hygiéniste ; et pour revendiquer en un seul mot les grands espaces et la liberté.
Wild enfin pour se placer à distance respectueuse de l’institution : si Wildproject entend se mesurer au niveau d’exigence intellectuelle de l’université, elle se refuse en revanche à toute forme de jargon. Et en se situant résolument dans la transdisciplinarité – par-delà la distinction sciences naturelles / sciences humaines – elle ouvre un espace qui n’est pas encore cartographié.
Wild (en anglais) et non pas sauvage (en français), parce que l’écologie a été marquée par la langue et par la culture anglo-saxonne. Le grand naturalisme français du 18e siècle, qui a inspiré et nourri les Lumières, a traversé l’Atlantique au 19e siècle.
L’écologie parle donc anglais ; d’une part parce que les sciences en général parlent anglais, mais également parce que le nature writing est aux Etats-Unis un genre littéraire national.
9. POURQUOI MAINTENANT?
La sortie du film d’Al Gore en 2006 a marqué en France le début d’une « vague verte » spectaculaire. Pour que cette vague médiatique ne retombe pas, il faut en approfondir la signification.
Pour dépasser « l’écologie marketing », nous avons besoin que les mondes intellectuels nous accompagnent dans la remise en question de notre dogmatisme. Et en particulier de ces dogmes modernistes que sont une nature mécanique, et une humanité libre.
Plus de trente ans après son fondation, la philosophie de l’écologie ne peut plus continuer à être ignorée du public français. Des universitaires ont pu exprimer leur crainte que l’importation de l’écologie renforce « la domination américaine ». Rien ne serait semble- t-il pourtant plus à craindre que de demeurer à la marge d’un mouvement intellectuel qui dessine la cartographie du monde de demain.
10. QUI DIRIGE LA COLLECTION "DOMAINE SAUVAGE"?
Baptiste Lanaspeze est éditeur et auteur.
Directeur de collection aux éditions Autrement (2003-2006), il est également auteur de Marseille, énergies et frustrations (Autrement, 2006), un essai sur la scène culturelle et sociale marseillaise.
Né en 1977, admissible à l'ENS d'Ulm et à l'agrégation de philosophie, il découvre la philosophie de l'écologie à l'occasion d'une résidence d'un an en 2002-2003 à Bard College (NY, USA).
Sur l'écologie philosophique, il a publié dans la revue Mouvements un article intitulé "L'écologie profonde est-elle un humanisme?" Dans le cadre du blog officiel de la candidature de Marseille capitale européenne de la culture 2013, il a créé en mars 2008 le blog d'écologie urbaine Marseille, ville sauvage qui veut esquisser, au fil des posts, le portrait d'une ville au naturel.

Citations sauvages
Wild quotes
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