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Numéro 2
L'ECOLOGIE PROFONDE :
UNE REVOLUTION COPERNICIENNE


Mardalsfossen, Norvège. Le philosophe norvégien Arne Næss, fondateur de l’« écologie profonde », s’est enchaîné en 1970 à cette falaise pour protester contre la construction d’un barrage. (Licence CC).

 

Introduction
FAUT-IL LIRE ARNE NAESS ?

 

C'est par opposition à une écologie "superficielle", centrée sur le développement économique et les affaires humaines en général, que le philosophe norvégien Arne Næss (né en 1912) a forgé au début des années 1970 l'expression "écologie profonde", pour nommer ce qui lui semblait être un décentrement philosophique radical.

Si l'écologie profonde renvoie dans l'esprit de Næss au mouvement écologiste dans son ensemble, y compris et d'abord dans sa dimension militante, il est cependant l'un des premiers à donner à l'écologie une expression philosophique. Ces philosophies nouvelles de l'écologie, qu'il conçoit dans la pluralité, il les appelle des "écosophies".

Mais au sein des universités européennes, les idées de Næss ne se sont pas particulièrement développées – l'écrasante majorité des ouvrages consacrés à l'écologie profonde ont été publiés… aux Etats-Unis. L'écologie profonde n'est donc pas le nom d'un courant de pensée universitaire, comme peut l'être l'éthique environnementale (cf. numéro 1).

En appelant "Ecosophies" le colloque international d'éthique environnementale de juin dernier à la Villette, les organisateurs ont rendu un bel hommage à Næss. Façon de rappeler qu'après tout, l'une des figures pionnières de la pensée écologiste est bel et bien européenne!

35 ans après la parution de l'article fondateur de Næss (paru en 1973, tout récemment traduit en français dans l'anthologie de Hicham Stéphane Afeissa aux éditions Vrin), la France a donc accusé réception de l'existence de ce courant de pensée, qui doit désormais être pris au sérieux.

Contribuer à promouvoir et à faire connaître la pensée de Næss est au coeur des objectifs de Wildproject. Aussi, en attendant la parution, en février prochain, de son autobiographie philosophique intitulée Vers l'écologie profonde, la revue Wildproject est heureuse de saluer d'ores et déjà la sortie, ce mois-ci, chez un confrère, l'éditeur indépendant MF, le traité philosophique Ecologie, communauté et genre de vie. Et d'ouvrir, dans ce numéro 2, quelques portes pour entrer dans l'écologie profonde.

Après notre premier numéro consacré à l'éthique environnementale, on s'éloigne ici d'un pas dans l'académiquement correct. Et on avance aussi peut-être d'un cran vers le cœur de la pensée écologiste. Avec Næss, plus moyen de faire machine arrière. En revendiquant avec lui le double héritage de Spinoza et de Gandhi, on ne gagne pas en crédibilité dans l'université française. Aussi Næss a-t-il élaboré sa pensée après avoir au préalable démissionné de son poste de professeur. Mais c'est parfois en sautant les barrières qu'on tombe sur de hautes vérités.    

Nouvelles figures, nouveaux visages: après le naufrage Luc Ferry de 1992, essayons un instant de faire comme si nous pensions par nous-mêmes. Voici quelques éléments qui permettront à chacun, sans se soucier de savoir ce qu'en pensent nos intellectuels officiels, se faire une idée de "ce qu'il faut penser" de l'écologie profonde.

A nous de jouer.

 


La deep ecology expliquée en une minute (Site Reporterre d'Hervé Kempf)

 

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du numéro 2

 



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