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Olivier Lasserre, "Blé versé"
Olivier Lasserre, "Blé versé", in L'Art de la terre, éditions Kubik

 

L'écriture des champs

HORIZONTALES SANS HORIZON
Entretien avec Olivier Lasserre, paysagiste, photographe

 

 

Votre profession est d’abord paysagiste. La photographie est-elle venue avant, ou pendant ?

Le jardin enfant, la photographie adolescent, puis les études de biologie, l’écologie des structures du paysage agricole, l’entreprise de jardin, enfin l’agence de paysage et, presque tous les jours, le travail photographique. Donc paysage et photographie sont liés depuis toujours.



Quel était le projet initial ? Comment est née l’idée ?

Un été 2001, l’envie de photographier les horizontales, d’abord proches, comme les limites de l’eau, les lignes de flottaison, les joints, puis un jour d’avion, un peu par hasard, les limites entre des champs cultivés . Enfin les champs eux-mêmes, de face, mis en page comme si la photographie était une parcelle. Horizontales sans horizon.


Quel rapport personnel avez-vous au monde agricole ?

La chance d’avoir un peu participé aux travaux des champs, dès l’adolescence. L’intérêt pour les mutations du monde rural. La fascination pour les vues verticales du territoire, travaillé par les hommes sur des bases naturelles. La création d’une compostière régionale, dans une plaine cultivée, dans les années 1990, m’a aussi rapproché des paysans.



Vous donnez à voir la beauté plastique des cultures, indépendamment de leurs qualités écologiques (monoculture, serres, polyculture). Votre propos est-il plutôt documentaire, ou esthétique ?

Mon travail photographique sur les cultures est d‘abord esthétique. Les précisions documentaires font partie de cette démarche esthétique. La monoculture (presque un gros mot aujourd’hui...) est indispensable à l’échelle d’une parcelle cultivée. A plus vaste échelle, la somme de ces petites monocultures montre une grande diversité. Comme le révèlent mes images.



Quel est votre lieu de vie ? Quels sont vos lieux de prédilection ?

J’habite un quartier densément construit dans les hauts de Lausanne. Je me rends chaque jour à pied à mon travail au centre de cette ville que j’aime. Mais j’aime aussi les plaines, en particulier les plaines cultivées. Peut-être par contraste avec le fort relief lausannois ?



Ce qui vous intéresse, c’est la main de l’homme plus que le monde naturel ? Ou précisément la rencontre des deux ?

La rencontre du travail des hommes et des contraintes naturelles me fascine bien plus que la nature “intacte”. Mais la nature a aussi son propre ordre, à toutes les échelles de grandeur.



Un travail du même ordre est-il envisageable sur d’autres types de relations homme/nature, comme l'espace urbain ou le "tiers-paysage"

Oui. L’année passée, j’ai volé sur les cultures ancestrales chinoises. Hier, dans l’Ain, j’ai survolé en paramoteur, à la hauteur des arbres, une presqu’île du Rhône, mi-friche, mi-plantée, mi-aménagée. Demain, je souhaite continuer mon travail sur les revêtements des sols urbains. Tout est envisageable. Il faut prendre le temps.

Entretien avec Wildproject, mai 2009

 

 

Olivier Lasserre

Salades, choux, oignons
Les mauvaises herbes présentes dans les choux signalent une culture biologique.
Galmiz, Fribourg, fin juin.

"Voilà sans doute une culture biologique, dans laquelle le désherbage ne peut être que manuel ou mécanique, car les désherbants y sont interdits. Notre entreprise de distribution de légumes biologiques, créée en 1948, a connu une forte croissance entre 1994 et 2003. Il me semble que la demande de produits biologiques est en train de se stabiliser autour de 10 % de la population."

Ernst Maeder,
directeur de Bio-Gemüse, Galmiz, Fribourg.

in " L'Art de la Terre ", p. 23

 

 

Verger d'oliviers
Arbres multitroncs, taillés en gobelet, sur sol griffé.
La Fare-les-Oliviers, Bouches-du-Rhône, septembre.

" Le mois de janvier 1956 a été si doux que la sève des arbres était déjà montée. Le 31, les hommes taillaient en bras de chemise. Dans la nuit, la température a chuté à 18°C, et cela a duré un mois ! Au moment du dégel, on entendait les arbres éclater l'un après l'autre. Une catastrophe. Plus une olive pendant cinq ans. En mars, les oliviers ont été coupés, puis au printemps, des rejets ont poussé autour des souches. D'où, aujourd'hui, ces arbres formés d'un cercle de plusieurs troncs. Par ailleurs, la taille en gobelet dégage le cœur de l'arbre pour favoriser les branches à fruits et le mûrissement des olives. "

Jean-Baptiste Quenin,
moulinier, moulin des Barres, Maussane-les-Alpilles, Bouches-du-Rhône.

in " L'Art de la Terre ", p. 105

 

Tunnels maraîchers
Chantiers de construction de tunnels maraîchers, arceaux en cours de montage.
Environs d'Arles, Bouches-du-Rhône, fin juillet.

"Ce chantier de montage de tunnels maraîchers illustre les principales étapes du travail : réglage du terrain, implantation, distribution des éléments au sol, assemblage progressif, enfin dressage des cintres."

Pierre Villin,
Richel Serres de France, Eygalières, Bouches-du-Rhône.

in " L'Art de la Terre ", p. 145

 

 

L'Art de la terre

Olivier Lasserre, L'Art de la terre, Kubik, 2005

Voir l'ensemble du livre

 

 

Une photographie d'Olivier Lasserre
fait la couverture du premier ouvrages des éditions Wildproject,
Printemps silencieux de Rachel Carson



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